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Windows 7 sans Navigateur


A l’instar de Yamamoto après l’attaque de Pearl Harbour craignant d’avoir réveillé un dangereux lion endormi… il se peut que la Communauté Européenne, à force de chercher querelle au géant Microsoft, se trouve confrontée aux rugissements du premier éditeur de logiciels de la planète.

Windows 7

La récente décision prise par Microsoft consistant à livrer la nouvelle mouture de son Système d’Exploitation :  Windows 7 en version européenne sans Internet Explorer, ni aucun autre navigateur, semble être le signe d’une certaine irritation.

Microsoft fait actuellement l’objet d’une enquête de la Commission de Bruxelles pour abus de position dominante.
Dans ce contexte, Bruxelles souhaitait imposer à Redmond d’embarquer des navigateurs concurrents dans Windows 7, comme Opéra, Safari ou Firefox.


La position adoptée par le géant américain ne peut donc la satisfaire : « Microsoft a apparemment choisi de proposer aux consommateurs une version de Windows totalement dépourvue de navigateur Internet« , indique la Commission européenne. « Plutôt que d’offrir plus d’options, Microsoft semble avoir choisi d’en proposer encore moins. »

La position de la firme de Redmond est expliquée en détail dans un post du blog Microsoft rédigé par Dave Heiner et intitulé « Nous travaillons à remplir nos obligations légales en Europe pour Windows 7« .


extraits :

« d’autres alternatives ont été proposées par la Commission, y compris l’inclusion dans Windows 7 des navigateurs concurrents avec pour l’utilisateur la possibilité de faire un choix.
Des aspects importants de cette approche doivent être travaillés en coordination avec Bruxelles, car ils ont des impacts significatifs sur les fabricants d’ordinateurs et les éditeurs de navigateurs dont les intérêts diffèrent.
Etant donnés la complexité de la chose et les intérêts divergents, nous ne croyons pas que c’est le mieux pour nous d’adopter une approche aussi unilatérale. »

L’approche unilatérale de Bruxelles met en exergue les différences d’appréciations relatives à la libre concurrence telle qu’elle est pratiquée aux Etats Unis et celle que veut imposer l’Europe disons plus sociale.


Pour ma part je considère qu’il n’y a pas d’abus de position dominante lorsqu’un inventeur met au point un produit (un O.S. dans ce cas) qui non seulement fait progresser la connaissance humaine, accroit les taux de productivité, améliore le quotidien de chacun mais de plus, que tout le monde veut posséder dans son ordinateur.

Ces ordinateurs qui seraient bien tristes si Microsoft n’avait pas investi durant des dizaines d’années pour proposer une interface, dans le sillage de Apple, qui donne vie aux applications logicielles, cad Windows.

La réaction de Microsoft ne me surprends pas, et j’ai même crains un moment que l’Europe soit radicalement exclue des livraisons de Windows, un peu comme lorsque Apple devant les tracasseries avec les DRM de ses iPod avait menacé de quitter purement et simplement la France, finalement le gouvernement français à compris par la force des chose l’iniquité de cette mesure qui par ailleurs allait tomber en désuétude d’elle même quelques temps plus tard.


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  1. Adam
    18 juin 2009 à 04:59

    Microsoft peut s’irriter, je ne pense pas que ça changera grand chose. Ce sont encore les états, ou ici une entité supra-nationale, qui décident des conditions dans lesquelles s’effectue le commerce sur leur territoire.

    L’approche de la Commission n’est pas unilatérale comme veut le faire croire Microsoft. Les remèdes n’ont pas encore été présentés, la décision sera prise après concertation avec Microsoft et d’autres éditeurs de navigateurs, le plaignant Opera Software, ainsi que Google et la fondation Mozilla, qui ont le statut de tierce partie. Quant aux différences d’appréciations sur les questions de concurrence, attendons de voir quelle position va adopter l’administration Obama. Les premiers signes la rapprocherait plutôt de la position européenne.

    http://www.nytimes.com/2009/05/18/technology/companies/18antitrust.html

    On ne peut pas décréter une exception en inventant un prétexte pour la justifier. Dans les années 1980-90, la connaissance humaine et les taux de productivité auraient autant (voire plus) progressé avec n’importe quel autre système ou un marché partagé entre OS/2, Be, Amiga, Mac OS, Linux… Au passage, ils ont tous une interface graphique, ce n’est pas une spécificité de Windows. A une époque tout dépendait de l’OS et des applications tournant dessus, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le navigateur est devenu un outil essentiel parce qu’il donne accès au web, à l’information, la connaissance, au divertissement, et permet aussi de communiquer, ou même de chercher du travail, etc. D’ailleurs la récente décision du Conseil constitutionnel sur l’Hadopi l’illustre bien.

    Le quasi-monopole de Windows a des implications sur le réseau, presque toutes les machines sont livrées avec Windows préinstallé, qui lui-même inclut Internet Explorer. C’est là où se situe l’abus de position dominante, qui permet de facilement s’accaparer un nouveau marché (navigateur) à partir du premier (OS). Le marché des navigateurs subit une distorsion qui oblige les autres éditeurs à contourner l’obstacle pour pouvoir distribuer leur browser. Ils ont recours à des méthodes parfois contestables, mais d’un autre côté ils n’ont pas trop le choix.

    Apple utilise le système de mise-à-jour de ses logiciels sous Windows pour proposer Safari aux nombreux utilisateurs d’iTunes. Google affiche une pub sur sa page d’accueil pour proposer Chrome aux internautes utilisant Explorer. Opera Software ne fait rien de spécial (ils ne disposent ni d’un logiciel populaire comme iTunes, ni d’un moteur de recherche), et en conséquence le nombre d’utilisateurs d’Opera est toujours resté très faible. Seule la fondation Mozilla s’en sort bien, profitant sans doute de son statut particulier et du modèle de développement open-source. C’est une organisation à but non lucratif, ils cherchent seulement à assurer la pérennité de leurs projets, et pas à faire des profits. Et les développeurs, souvent employés par Google ou autre, travaillent sur Firefox à titre bénévole. Et encore, il leur a fallu des années pour se faire une place qui soit en rapport avec la qualité de leur navigateur.

    Un marché dans lequel un seul acteur peut distribuer son produit à large échelle (en raison de son monopole dans un autre domaine) ne récompense pas les autres participants en fonction de leur mérite. Le fait que les bons produits et les entreprises qui investissent dans leur développement puissent être récompensés sur le marché est l’un des avantages de la libre concurrence ; sauf que dans le cas présent, ça ne s’applique pas.

    Microsoft ne va pas se retirer du marché européen, qui doit représenter un tiers de ses ventes, au pif, mais aujourd’hui l’UE c’est 27 états, 500 millions d’habitants et 30% du PIB mondial. L’entreprise dépend toujours beaucoup des revenus de Windows, qui ne sont pas au mieux avec la crise qui ralentit les ventes d’ordinateurs. Et l’apparition des netbooks les oblige à proposer des licences XP à bas prix pour contrer Linux. Dans ces conditions, Microsoft n’est pas en position de force et de toute façon ils ne peuvent pas se passer de cet énorme débouché.

    Je suis sur Mac depuis longtemps, mais il faut reconnaître que les déclarations d’Apple à propos d’iTunes et du projet de loi DADVSI s’apparentaient à du pipeau. Ils ont parlé de « state-sponsored piracy » pour décrire l’obligation de supprimer les DRM. Or, depuis l’an dernier, tous les albums vendus sur iTunes sont distribués sans protection, donc j’imagine que les labels et Apple encouragent maintenant le piratage, pour reprendre leur formule. De plus, la suppression des DRM est intervenue en partie sous la pression de l’ombudsman norvégien qui avait lancé une procédure à l’encontre d’iTunes qui aurait pu être reprise dans d’autres pays européens. J’imagine mal Apple fermer l’iTunes store dans toute la zone UE, ils ont simplement renégocié leur contrat avec les maisons de disque (au départ seul EMI avait donné son accord et ouvert la voie du DRM-free), qui elles aussi avaient intérêt à ce que le commerce se poursuive sans encombre.

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