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Loppsi : La France au rang de la Chine



L’Assemblée Nationale valide le filtrage du web


Les députés ont validé l’article 4 de la loi LOPPSI qui met en place un filtrage unilatéral des sites black-listés par la gendarmerie.
Cette mesure dénoncée par la gauche et la droite réunies, ne laisse aucune place à un quelconque arbitrage par l’autorité judiciaire.


On ne nous dit pas Tout… souriez, vous êtes filmés

Malgré de vives contestations, l’article 4 du projet de loi Loppsi 2 a finalement été adopté, le dernier acte s’est joué ce mercredi 15 décembre  sur les bancs de  l’Assemblée nationale.
« L’article 4 est important puisqu’il porte sur la délicate question du filtrage de l’Internet », explique le député UMP Lionel Tardy.

Alors que seuls 27 députés étaient présents, l’article a été adopté en *catimini* comme il l’avait été au Sénat, laissant comme dernier recours la saisine du Conseil Constitutionnel. Une saisine est déjà annoncé par le député PS  Patrick Bloche.

Dans le texte, cet article vise à « empêcher toute connexion à des sites à caractères pédophiles répertoriés par les services de police ». Un blocage toutefois exempt de tout contrôle judiciaire, cette option ayant été définitivement rejetée lors de l’examen à l’Assemblée.

« L’objectif est de lutter contre la pédo-pornographie », plaide le député UMP Eric Ciotti, rapporteur du texte. « Le seul moyen de bloquer ces sites (pédo-pornographiques) hébergés à l’étranger est de demander aux fournisseurs d’accès à Internet de bloquer l’accès des internautes aux pages litigieuses », poursuit-il. Le filtrage des sites se fera donc auprès des fournisseurs d’accès auxquels « le ministère de l’Intérieur transmettra une liste noire d’adresses » de sites à bloquer, détaille Eric Ciotti soutenu par le gouvernement.

« C’est une vaste fumisterie ! », clame irrité Lionel Tardy. « Sous prétexte de lutter contre la pédo-pornographie, on abouti aux mêmes problèmes qu’a posé Hadopi » explique-t-il. « Il faut une solution internationale, par exemple au G20, et s’attaquer à ceux qui créent les contenus, plutôt qu’à ceux qui les hébergent… »

Un point de vue partagé par la député Laure de la Raudière (secrétaire nationale de l’UMP en charge du Numérique) :

« La seule solution est de traiter le problème à la source, avec une coopération internationale au niveau de l’ONU ou du G20. Tout le monde, de droite comme de gauche, est d’accord sur l’objectif de lutte contre la diffusion d’images pédo-pornographiques sur Internet. Toutefois, cet article est inefficace parce que le filtrage des sites est inefficace… »

conclut-elle, désabusée.

 

« On arrive très bien à éliminer les sites de phising, etc. Pourquoi ne pourrait-on pas faire de même pour la pédo-pornographie ? »

s’interroge Maxime Rouquet membre du Conseil d’administration du Parti Pirate.

Le site WikiLeaks est présenté en exemple de l’inefficacité d’un tel filtrage :

« Tenter de bloquer un site international est une fausse solution », pointe Lionel Tardy. « WikiLeaks en est le parfait exemple. Dès que l’hébergeur bloque le site, des dizaines de sites « miroirs » sont créés. C’est une course à l’échalote ! »

lance le député de Haute-Savoie.

De plus, contourner un tel filtrage est très simple, pour un pédophile comme pour un député. « En 5 minutes, je peux vous créer un VPN [une connexion dédiée et anonyme] pour accéder à ce que je veux depuis le réseau de l’Assemblée nationale », ironise Lionel Tardy.


Le problème du filtrage par nom de domaine est que les sites bloqués figureront sur une liste noire établie sans aucun contrôle d’une autorité judiciaire.

« Tout se fera dans le secret, d’une manière opaque », résume le porte-parole de la Quadrature du net, Jérémie Zimmermann. « On ne saura pas quel site sera filtré, quels seront les abus et surtout il n’y aura aucune voie de recours », souligne-t-il.

 

« Cela pose un réel problème pour la liberté d’expression », enchaîne Maxime Rouquet du Parti Pirate.


« Alors que le ministre de l’Economie numérique : Eric Besson fait tout pour empêcher l’hébergement de WikiLeaks en France, avec la Loppsi le site pourrait être tout simplement bloqué… » « Le gouvernement a maintenant les mains libres sur le contrôle et la censure du net », tranche Jérémie Zimmermann.


« La France est maintenant dans une situation proche de la Chine », renchérit Maxime Rouquet.





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  1. Train
    17 décembre 2010 à 06:25

    Merci pour l’info Grace à toi je suis toujours au courant des dernières nouvelles
    Bonne journée Manin

  1. 21 mars 2012 à 10:34

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